Ikéa à Vernier: les conditions ne sont pas remplies,

Article publié par Yvan Rochat, le 16 mars 2008

Vernier n’est pas l’Aubonne! et l’implantation d’Ikéa en milieu urbain comme c’est le cas ici, devrait normalement être le moment fondateur d’un urbanisme d’implantation commerciale enfin tourné vers l’humain plutôt que vers la voiture.

Raté!

En cause, la frilosité du géant suédois un peu mais surtout la politique de l’autruche du canton en matière de trafic. Dans ce cas tant pis, Vernier garde ses terrains.

En 2004 le Conseil municipal demandait au Conseil administratif de signer l’octroi du droit de superficie permettant l’installation du magasin IKEA que si les conditions suivantes étaient remplies:

1. un rééquilibrage des charges de trafic entre les deux entrées/sorties du magasin

2. un dispositif de gestion du trafic péjorant le moins possible la route de Vernier

3. le maintien de l’accessibilité aux habitations (Vernier village) et aux centres d’activité du secteur (commerces, zones industrielles)

Afin que ces conditions soient remplies, la commune de Vernier a demandé qu’un certains nombre d’actions soient entreprises.

Pour le canton:

a) Une signalisation dynamique ayant pour objectif le rééquilibrage entre les deux entrée-sortie du magasin.

b) La mise en site propre des bus sur le parcours centre ville - Vernier et dans les deux sens route de Pré-Bois.

c) L’augmentation des cadences aux heures de pointe de la ligne RER.

Pour Ikéa:

a) Une politique tarifaire avantageuse pour les clients venant en transports publics.

b) Un dispositif performant de livraison à domicile (délais et prix).

c) Le redimensionnement à la baisse du parking client afin de rendre crédible leur politique de livraison à domicile ainsi que leur volonté de faire venir leurs clients en TP.

Le canton a répondu négativement au deux premier points et n’a accepté pour le troisième que le principe d’une étude de mobilité pour les zones industrielles de Meyrin, Satigny et Vernier.

Ikéa a pour sa part pris l’engagement de diminuer de 50% le surcoût d’une livraison à domicile ainsi que de voir avec Caddie Service la possibilité d’une collaboration mais n’est pas entré en matière sur les autres points.

J’ai ainsi acquis au fil des discussions la conviction que sans ses actions là rien ne serait possible, cette prise de conscience est celle également du Conseil administratif qui, forcé, a désormais pris acte des conséquences de ces refus et les déplore vivement.

Compte tenu de ces refus ainsi que des charges de trafic supplémentaires engendrées par Ikéa, de l’augmentation continue du trafic depuis la première étude d’impact (2004) et des prévisions d’augmentation continues du trafic sur la route de Vernier,il est donc devenu impossible de signer l’octroi en faveur d’Ikéa du droit de superficie sur les parcelles communales devant servir à la réalisation du projet de magasin à la Croisette.

En effet, le Conseil administratif ne peut en aucun cas prendre le risque de prétériter les conditions de vie et de mobilité des habitants et des entreprises de la commune. Il est particulièrement déçu par l’absence de la part du canton et d’Ikéa d’ambition pour faire de cet implantation un cas exemplaire qui aurait enfin permis d’associer de façon optimale commerce de grande surface et mobilité douce.

3 commentaires pour “Ikéa à Vernier: les conditions ne sont pas remplies,”

  1. Mat dit :

    Bravo !

    Et on ne lâche rien avant d’avoir un projet exemplaire ! On ne peut plus se permettre de faire n’importe quoi au XXIème siècle…

    Un habitant de la ville de Genève solidaire

  2. pierre de vargas dit :

    Cher Yvan Rochat (vous ne me connaissez pas mais j’ai voté pour vous!) Pourriez-vous donner des nouvelles de la séance du Conseil municipal de fin mai 2008 concernant le permis de construire d’IKEA? J’espère que le feu vert n’est pas donné! Plus je passe rte de Vernier, plus je prévois la catastrophe s’il y a un grand chantier puis un grand commerce entrant et sortant de la rue de la Croisette. Merci de me répondre. P.V.

  3. Yvan dit :

    Cher Pierre de Vargas, le conseil municipal a décidé d’ajourner jusqu’en octobre la motion qui demandait au CA de signer sans délai. Dès lors le CA doit continuer à négocier cet été avec le canton et IKEA pour obtenir de meilleures conditions. Le CA présentera en septembre les résultats des négociations. A ce moment-là, chacun prendra ses responsabilités au sein des partis représentés au municipal pour dire si oui ou non les conditions obtenues sont acceptables.

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